NAUFRAGE

Ça va aller.

Non, c’est pas vrai je mens. Je ne sais pas en fait, c’est abstrait aujourd’hui. C’est pas envisageable encore. C’était tout prêt pourtant.

Au bout de quelques minutes, l’apnée ne suffit plus. J’ai jamais été championne d’apnée dans le bain moussant petite, ni grande d’ailleurs mais j’ai battu mon propre record. Lui succéda la honte, la colère poisseuse et coupable qui ne me quitte pas pour l’instant.

Le souffle coupé, c’est ça. Plus un filet d’air, une esquisse, rien. Il y a des instants qui perdent de leur véracité quand ils semblent sortir tout droit d’un film où les sensation s’entrechoquent dans un malaise silencieux qui restera au creux de notre gorge quelques jours encore.

L’enfant. Oui, lui même. Encore là, tournoyant dans les méridiens de mon corps, dansant sous les nuées de mes souvenirs. L’enfant qui sort de ses cachettes encore trop fort, comme l’instinct de survie d’un animal en danger. L’enfant qui prend place sur mon visage de femme sans pour autant que je ne l’ai choisi. Il s’immisce, se laisse découvrir.

La honte des larmes, qui coulent facilement sur le quartier de mes joues. Elles s’y agrippent sans trop demander, et déferlent si fort ensemble qu’on les voient de loin. Les ombres s’en servent, elles les manipulent, se les approprient. Une faiblesse disaient-elles. La honte.

C’est étrange de voir comme le monde peut prendre une couleur différente en un instant, d’un gris maussade qui transpire dans le creux de nos mains glacées où le sang à du mal à passer. Il doit être surement dans le coeur, le sang. A ce moment là. Juste dans le coeur, pour le soutenir, le tenir, le serrer sans bruit jusqu’au dénouement inattendu. violent.

Les ombres prennent bien ce qu’elles veulent tant que leur navire n’est pas touché, elles t’attirent dans leurs grandes voiles qui semblent nous accorder un peu de douceur. Leur cardinal, nous les aidons à s’orienter au rythme de la lumière en évitant les dangers.

L’on finit toujours par finir dans les flots, amer et glacée si l’on ne fait pas attention. La lumière d’un être lisse se dévore au rythme d’un naufrage.

Il y a des lumières qui s’éteignent vous pensez ? Peut être mais ce que je sais c’est que les ombres dorment sur leur deux oreilles, persuadées dans leur entités de voguer sur la vérité. Elles se fondent dans la masse, celle qui dégouline de banalités. On les perçoit au creux de légers frissons, d’instinct à demis mots. Mais on les laisse entrer, par rêverie d’enfant, croyances rosées.

Le corps retient tout, la peur sera assimilée, circulera dans le sang, se diluera, deviendra partie prenante de notre fonctionnement si l’on ne s’accroche pas aux peu de braises qui s’accrochent à ce coeur qui a battu bien trop fort.

Il y a des lumières qui s’éteignent vous pensez ? Peut être. La mienne remontera sans aucun doute, j’ai une braise d’une force inespérée. Et sachez que désormais, ces ombres là ne seront plus qu’ondes souterraines, sismiques, qui continueront surement d’agir sans aucun bruit jusqu’à ce que la vie, elle même se charge d’elles.

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