ECOUTEZ NOUS

Dans mon placard j’ai de jolis vêtements à ma taille et de grands masques, certains plus colorés que d’autres, leurs motifs se mélangent et on y trouve des côtés plus sombres que d’autres.

Il y a des matins ou des après-midi, puisque l’on y perd la notion du temps. L’on ne sait plus trop bien si dire « matin » quand nos yeux se sont désembrumés de sommeil à 14h c’est ok.

Il y a des matins tardifs, je peux le dire ?

Il y a des matins tardifs où le silence pèse lourd sur l’oreiller, les draps sont une couche conciliante face à cette déflagration de nos sens. Le coeur qui n’a pas le temps de prendre le temps, qui s’embrase en quelques respirations étouffées. Perdu dans sa propre masse, sa propre substance qui se recroqueville en vain contre ce que l’on a pas encore trouvé pour se lever, se relever.

Il suffit d’un mouvement de lumière sur le flanc des rideaux à peine ouverts pour que l’on y trouve par auto persuasion un sens, un motif, une argumentation vacillante pour se lever du lit enfin.

Spectre en gros pull de laine, pieds nus glacés sur le carrelage. Le café coule et l’odeur s’agrippe à cet estomac âpre d’émotions indigestes de la veille. D’années révolues plutôt. Le temps passe vite disaient ils… Le temps est un met épineux à assimiler.

Face au miroir, observant quelques diapositives imaginaires de ce que l’on va bien pouvoir être aujourd’hui, à jauger, étudier si notre esprit peut bien porter pour quelques heures ce corps égratigné. L’on se gribouille les yeux d’un trait noir feutré, se revêtit du masque qui nous semble le plus approprié.

Pause. suspension. arrêt immédiat de toutes émotions, agitations. Ne rien ressentir en fermant la porte de l’appartement.

Il se peut que cette entracte dure quelques heures, voir une journée, que nos pas aient l’allure d’une silhouette à l’assurance illusoire, que nos lèvres esquissent un sourire lumineux et frénétique, que l’on soit un subtil mélange entre une vitalité solaire et une inébranlable sérénité.

Il se peut qu’une turbulence, une effervescence non contrôlée se mettent sur le chemin en provoquant le déraillement immédiat de notre train de pensées pourtant si bien engagé. Une course contre la montre je vous dis, une course contre son corps. S’abriter, se cacher, se dissimuler pour occulter toute trace sur notre visage terrorisé par l’affluence de sens, de douleur. Le goût de la nausée et du dégout, comme un théorème apprit par coeur, sophisme de notre esprit.

L’angoisse est une étreinte déchirante, familière qui se gorge de désespoir. Un supplice sans empathie, anonyme et discret qui vient réveiller une ou plusieurs peurs qui ont réussi à se dérober quelques heures dans un coin de l’essence même de notre corps.

L’on se cramponne aux mêmes souvenirs s’enfant qui agissent comme un sédatif passagé, l’on se demande à quel moment y a-t-il eu cet oscillation, ce vacillement caché au fond de nous dans un déni silencieux pour que de ce corps qui fut incandescent de vie ai prit la forme d’un spectre tragiquement lugubre.

Ne méprisons pas ceux qui d’un jour à l’autre s’enferment sans donner de raisons. Ils ne connaissent majoritairement pas la cause, le germe, la source, l’origine de leur froideur interne qui s’extériorise avec ceux qu’ils aiment dans un silence austère et apathique. Aidons les plutôt à s’élever avec douceur en les accompagnant au mieux vers ce à quoi ils ne croient plus, vers ce à quoi ils sont résolus. Donnons sans attendre un retour, juste par tendresse et affection.

Soulevons ces masques de douleurs ensemble, ôtons cette solitude accrochée un peu trop fort à nos coeurs délavés.

Entendre n’est pas écouter, promettre n’est pas acter.

Il y a des personnes dans ce monde qui comprennent. Des personnes qui ont ressentis et d’autres qui ressentent encore.

 

 

J.

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